Auteur

Xavier Dupont

Surface

5000m2

Date

2016

Catégorie
Architecture, Architecture d'intérieur
Le projet

Au travers notamment de l’évolution de nos rapports inédits au monde et à la nature, nous tentons d’expérimenter une nouvelle façon d’habiter la terre à l’ère de l’Anthropocène.

Dans un ancien site industriel, délaissé urbain d’une période révolue, entre St Denis et Paris notre site « des cathédrales du rails » résonne au cœur de cet interstice urbain.

L’écriture rythmique et formelle post-industrielle de cette entre-ville fragmenté a engendré un îlot de solitude où les écoles et lieux de savoirs parsemés ainsi que les activités de la vie quotidienne sont contraints par des lignes de transports qui font de ses frontières des remparts.

Notre projet est donc une reprise du lieu avec son environnement, dans et par sa pratique libre.

C’est un récit qui se met en place, dans un esprit de continuité spatiale entre l’habitat et son environnement, autour d’une nouvelle centralité , d’un lieu d’encrage, ou de pèlerinage. Car le quartier a besoin d’un espace fédérateur, de rassemblement qui offre une visibilité d’un lieu commun d’échange et de solidarité qui entrecroise les échelles du son territoire, du global au local.

L’ouverture de la friche vers l’extérieur est une invitation d’accueil qui se mue en espace de vie commune. La métamorphose de la friche en lieu du collectif est l’avènement d’une architecture, en espace productif de créativité ou les capacités collectives de la population urbaine deviennent une des matières premières du projet. La ville s’ouvre socialement sur elle même et se déploie au monde, ses frontières entre travail et vie, entre public et privé s’altèrent, s’effacent.

La première intention architecturale concerne la création d’une nouvelle place publique. Elle s’établit à l’angle de la rue du Bailly et du Chemin des petits cailloux et file jusque sous les cathédrales. Cette esplanade est conçue comme un espace ouvert et flexible de rassemblement pour des activités collectives. La place intègre en son sein des équipements propres à la ville ; des commerces, des restaurants, des circulations, des rues, des espaces verts mais aussi et surtout des vides préservés.

La série de rues et de ruelles étroites et sinueuses forment un nouveau tissu, une sorte de ville dans la ville, reliée par un sous terrain au sud de Pleyel et définissant ainsi un nouveau quartier.

Le programme du projet s’articule avec au premier étage des espaces de co-working ouverts pour des particuliers ou des pépinières de jeunes entreprises. Ceci s’inscrit dans la volonté de répondre à un besoin de création de PME et de TPE dans un cadre solidaire et social. Au rez-de-chaussée l’animation de ce lieu est instaurée par les commerces de bouche constitués d’épiceries, de café et de bars. C’est l’esplanade qui en pénétrant dans l’enceinte des cathédrales résonne comme un espace publique, une place commune. Tout autour et en assurant une liaison jusqu’à la Porte de la Chapelle, des espaces verts et une promenade plantée le long des anciens rails se propagent jusque dans les rez-de-chaussée et dans la circulation intérieure des bâtiments tout en y intégrant un lieu répondant aux jeunes de la ville dans leur désir d’occuper des espaces pour leurs activités. ( Maison de jeunesse, skate parc et murs d’escalade).

Le projet est un véritable projet de sol, de culture de la terre, de son milieu auquel il se rattache. Il est rythmé d’une part par la biodiversité, l’eau, la terre qui s’y développe accompagnant l’évolution de la métamorphose des cathédrales et de sa friche. Celle-ci se transforme dans un premier temps en jardin de phytoremédiation afin d’assainir son sol de manière naturelle et dans un deuxième temps sert à un but éducatif pour les écoles du quartier ( entre autres )sur la récupération des délaissés urbains, leur faune et leur flore si spécifique.

D’autre part, son sol qui se déploie agit comme une connecteur qui altère les limites , les frontières des espaces intérieurs et extérieurs en les rendant plus poreuses, entre- ouvertes ; les rues deviennent des passages qui pénètrent jusque dans les cathédrales, desservant les activités, mais aussi les espaces verts et les vides. Ces vides sont des espaces pleins de ce qui n’est pas encore, des espaces libres de leurs définitions et donc ouverts à la manifestation collective de vie collective de quartier. Les espaces intérieurs sont des lieux où se dessinent les modes de travail animés par les liens sociaux, la mise en commun des ressources et des idées et la liberté d’expression.

Le projet se lit comme une interface entre la ville et l’habitant, le pratiquant urbain.